Sauvetage de l’accord du participe passé ?

Parcourant les Nouveaux exercices français de Grevisse (1977, Bruxelles : Duculot) – qui ne sont pas ma lecture de chevet ! –, j’ai lu la phrase :

Accord du PP avec être

Ils se sont soumis : cela leur a valu d’être sauvés.

L’exercice ne portait pas sur l’accord du participe passé mais c’est ce point qui a retenu mon attention. Moi qui pensais que Grévisse éluderait les exemples fâcheux, je les retrouve çà et là. Dan Van Raemdonck mentionne souvent un exemple de ce type en formation pour illustrer le ridicule des règles traditionnelles. Mais le voici dans la bouche, ou presque, de l’auteur du Bon Usage !

L’objet de cet article est donc l’accord du participe passé sauvés. Appliquons la règle traditionnelle :

  1. Sommes-nous dans un cas d’accord de participe passé ? Oui.
  2. Avec quel auxiliaire le participe passé est-il conjugué ? être.
  3. Quel est le sujet ? cela (neutre, singulier).
  4. Accord du participe passé ? sauvé

Ha ben non…

Vous me répondrez que nous sommes dans une proposition infinitive – gné ? – et que le sujet n’est donc pas cela. Il se fait que s’il fallait trouver un sujet dans une prétendue proposition infinitive, il ne pourrait être que leur, qui n’a pas du tout l’allure d’un sujet, et n’en est d’ailleurs pas un. Problème.

Non, pas vraiment. Il suffit de substituer à ces horribles trop nombreuses incompréhensibles règles, celle, élémentaire de :

De qui ou de quoi je parle quand je dis “sauvés” ?

La réponse est simple, de ils/leurs. Donc accord au masculin pluriel : sauvés.

 

L’accord du participe passé dans “Les Marseillais à Cancún”

Le titre est vendeur, je sais… Sans entrer dans le détail de cette émission qui consiste à envoyer un groupe de – ici – Marseillais de l’autre côté de l’Atlantique pour qu’ils y fassent la fête, elle me parait anthropologiquement précieuse du point de vue linguistique d’étude de la langue orale.

Ce sont les structures “devoir à” et “choisir à”, qui ont retenu mon attention. Est-ce une particularité régionale (il existe bien, en Belgique, des recevoir à quelqu’un pour dire de la part de quelqu’un) ? Une erreur de syntaxe ? Une réanalyse ?

Il devait à choisir la fille de son choix. Heureusement, il m’a choisi[e] à moi.

Dans le second cas, la construction pose également la question de l’accord du participe passé puisque, apparemment, le m’, explicité en à moi, ne serait pas un complément direct/déterminant du verbe.

Attention, néanmoins, perte de temps garantie si vous regardez cette série !