Conceptualiser n’est pas tourner en rond

Écartelé entre une politique “Qualité” (Compter le mieux possible ?) de la recherche et les mouvements de slow science (“Bear with us, while we think”) ou de désexcellence (“vite, beaucoup, mal”) mis sur pieds par les principaux acteurs de cette recherche, chaque scientifique doit batailler (infliger, souffrir, (se) négliger) et se positionner, malgré lui, entre aspiration et conscience professionnelles.

En ce qui me concerne, le dernier exemple en date, anecdotique, est le temps qui a été requis pour rendre compte de données peu appréhendables de la manière la plus économique qui soit, sans sacrifier ni en lisibilité ni en complétude. Le sentiment de tourner en rond deux (trois, quatre…) jours durant à gribouiller et tourner les pages est très culpabilisant mais ce temps – s’en aperçoit-on ensuite – est tout à fait nécessaire.

Pouvoir se permettre de prendre le temps, c’est (essayer de) gagner en concision, c’est tenter de dire plus et mieux en moins, c’est chercher la profondeur et la qualité d’expression pour en rendre compte, c’est éviter de (se) disperser. C’est se sentir mieux, aussi. Surtout.

Et pour ceux qui veulent manifester leur adhésion, un petit logo fait sur le pouce avec l’inspiration de ces derniers temps. (Il en existe déjà un “officiel” ?)

slowscience_logo

 

…ou, plus discrètement :

slowscience_mini

 

Bibliothèse – Gestion de notes de recherches et de bibliographie

Puisqu’il existe, autant le partager… C’est un petit outil pour Mac que j’ai créé avec le logiciel de gestion de base de données FileMaker. Le motif de son existence était, à l’époque, de compenser l’absence de gestionnaire basique et manuel de notes de recherches et de bibliographie. Il est non connecté, transportable sur clé USB, (presque) léger, (100%) gratuit, etc.

À ce stade, il permet d’ajouter des entrées bibliographiques (monographie, article de périodique, chapitre d’ouvrage, actes, œuvre d’art), de les commenter (situation de la ressource, notes, mots-clés …), de générer une référence au format APA ou toute la bibliographie.

J’invite ceux que cela peut intéresser à chipoter et à me faire part de leurs commentaires.

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Ces graphiques qui “dégenrent”

Voici, en un graphique, la taux de femmes aux différents postes/stades de la carrière dans les universités francophones de Belgique à la fin 2011. Préoccupant…

Ces constats laissent perplexe : comment des institutions scientifiques de renom peuvent-elles présenter des situations aussi inégalitaires, ne pas être conscientes des images qu’elles renvoient à la société et surtout ne prendre aucune mesure pour pallier ces situations anachroniques et inefficaces pour la recherche.

Source et explications ici et ici : Meulders, D., Simeu, N., & O’Dorchai, S. P. (2012). Alma Mater, Homo Sapiens II: Les inégalités entre femmes et hommes dans les universités francophones de Belgique. Bruxelles: Editions du DULBEA.

Presses académiques francophones… et PAF !

Les mises en garde existent mais elles ne sont jamais suffisantes, tant l’offre est à priori tentante, voire réconfortante, aujourd’hui, d’être publié. Plus encore que l’on vienne vous chercher !

J’ai donc été contacté, ce matin, pour une publication aux Presses Académiques Francophones, de mon mémoire, en ces termes :

Monsieur Lionel Meinertzhagen,

Êtes-vous bien l’auteur de l’ouvrage intitulé « Quelles alternatives le numérique offre-t-il à l'écrivant, à l'éditeur, au lecteur et à la bibliothèque? » ?
Il aurait été rédigé à l'Université Libre de Bruxelles en 2009.

Je suis Clara Morin de l’équipe éditoriale des Presses Académiques Francophones.

Votre ouvrage me rappelle plusieurs livres que nous avons publiés à ce sujet. J’ai donc pensé que vous seriez intéressé par la publication et la commercialisation mondiale de cet ouvrage sous forme de livre broché. Nos services sont gratuits pour les auteurs.

Monsieur Lionel Meinertzhagen, accepteriez-vous de recevoir davantage d’informations dans une brochure électronique?

En vous remerciant d’avance.

Bien cordialement,

Clara Morin
Lectorat

Le message parait sérieux mais ce n’est tellement pas en phase avec les pratiques – bien que toujours plus contestables – du monde académique actuel que c’en est absolument pas crédible. Et puis, les premiers résultats sur google sont tous des mises en garde face à la crédibilité scientifique qu’il y a à perdre en se faisant publier par ces grippe-sous.

Voyez par vous-mêmes sur les sites des bibliothèques de l’ULB, celles de Nice, ce blog de recherche, etc.

Enfin, si vous voulez lire mon mémoire, gratuitement, c’est par ici : “Quelles alternatives le numérique offre‐t‐il à l’écrivant, à l’éditeur, au lecteur et à la bibliothèque ?”

(Illustration : Gérald Lubbin, pour Doc en Stock)