Dis-moi ce que tu écoutes, je te dirai combien tu vaux…

En lien avec la dernière chanson, voici un graphique qui reprend les gouts musicaux (artiste/genre) classés en fonction des résultats obtenus au SAT Reasoning test (examen d’entrée aux universités américaines en 2009). Bien sûr, comme le précise l’auteur de l’infographie,

Yes, I’m aware correlation ≠ causation. The results are hilarity incarnate regardless of causality.
You can stop sending me email about this distinction. Thanks.

Il n’empêche que  Sufjan Stevens est artiste d’élite. À bon entendeur… :)

MusicthatmakesyoudumbLarge

Ces graphiques qui “dégenrent”

Voici, en un graphique, la taux de femmes aux différents postes/stades de la carrière dans les universités francophones de Belgique à la fin 2011. Préoccupant…

Ces constats laissent perplexe : comment des institutions scientifiques de renom peuvent-elles présenter des situations aussi inégalitaires, ne pas être conscientes des images qu’elles renvoient à la société et surtout ne prendre aucune mesure pour pallier ces situations anachroniques et inefficaces pour la recherche.

Source et explications ici et ici : Meulders, D., Simeu, N., & O’Dorchai, S. P. (2012). Alma Mater, Homo Sapiens II: Les inégalités entre femmes et hommes dans les universités francophones de Belgique. Bruxelles: Editions du DULBEA.

Les mots auraient-ils un zizi ?

SystèmeDigestifChaque visite à l’école primaire avec laquelle nous collaborons est l’occasion d’expérimentations mais aussi de découvertes ! Parmi celles-ci, il y avait, il y a quelques semaines, un magnifique système digestif construit par des élèves de première année.

Hier, ce fut l’une des dernières acquisitions qui a retenu mon attention : Le Zizi des Mots, d’Elisabeth Brami et Fred L. Le titre, pour le moins accrocheur, est commenté en première page. Les auteurs ont souhaité montrer, par la dérision et l’illustration que les mots étaient très membrés genrés : pour faire bref, le masculin évoque une personne, le féminin une chose.

La cause est louable mais le fond me parait un peu faible est c’est précisément par pareille approche que l’on inscrit chez l’enfant l’idée d’un genre grammatical qui corresponde au sexe. Or, ce n’est pas le cas, en français. Un tabouret n’évoque pas plus un homme qu’une chaise une femme. Le débat est plutôt celui de la féminisation des noms de métier – du moins si l’on considère que la forme non marquée est un masculin plutôt qu’un neutre –, celui des outils à mobiliser pour lever les ambiguïtés de genre dans le discours (jeu sur l’adjectif qui précède : le/la chevalier ? changement de suffixe ?).

Bref, l’approche reste sympa et les dessins sont réussis. Mais que la lecture du livre ne fasse pas oublier qu’une charentaise (pantoufle), n’est pas la féminin d’un Charentais (habitant de la Charente).

“Stop au langage SMS”, pourquoi ?

En pleine semaine de la langue française, il n’y a pas de quoi être surpris de voir ce genre de séquence (ici du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) passer à la télévision. Il se fait seulement que celle-là m’a fort surpris. En deux mots, une mère reproche à son fils d’utiliser le “langage sms” dans un sms, allant même jusqu’à l’inviter à apprendre à écrire [en français] s’il veut être compris.

N’est-ce pas elle qui ferait bien d’être plus sensible aux codes apparentés à des pratiques qui sont aussi les siennes ? N’est-ce pas à elle d’être consciente qu’il existe plusieurs variétés et normes d’usage ? Bref, à mes yeux, à côté de la plaque !