Ce “courriel” de plus en plus adjectif…

Je veux bien admettre que la langue française est réputée à la traine en ce qui concerne les innovations lexicales ; en revanche, pour ce qui est de la réanalyse, la voici en pleine forme !

Hier, installant une application de gestion de courrier sur mon téléphone, on me demande d’inscrire “mon adresse courielle”. Pas de quoi être surpris, sinon de l’accord au féminin du terme courriel. Pour rappel, courriel est un mot-valise composé sur la base de “courrier électronique”. On s’attendrait donc plutôt à “adresse de courriel”.

Deux hypothèses au moins :

  1. L’anglais “your (e)mail address” passé en français courant sous la forme de “votre adresse (e)mail” a pu faire considérer au francophone que le mot qui suit l’élément clairement nominal est un adjectif. Toutefois, conscient de l’emprunt ou faute d’exemple d’adjectif ayant cette terminaison en français, le scripteur n’accorde pas. À moins que vous ayez déjà vu une adresse maile ?
  2. Dans son lexique, le locuteur francophone dispose en revanche d’un nombre incalculable d’adjectifs dont la finale est en -el, mais peu de noms. Du coup, de ce complément, après tout, déterminatif dans les deux cas (de courriel/courrielle), il a fait un adjectif et, bien discipliné ou plein d’hypercorrectisme, l’accorde.

Par ailleurs, que pensez-vous du “Entrer votre…” par rapport à “Entrez votre” et “Entrer son…” ?

Histoire de l’orthographe en ligne (du temps)

Double découverte, à l’instant : celle de l’outil line.do qui permet, en ligne et gratuitement, de créer un certain type de ligne du temps ; et l’utilisation qu’en fait Benoît Wautelet, enseignant dans le supérieur, pour retracer, par exemple, l’histoire de l’orthographe (également disponible horizontalement) ! Pratique !

Orthographe : le prix des fautes

Le 19 février dernier, France 2 (Envoyé spécial) diffusait un reportage sur l’orthographe et le prix de sa non-maitrise pour l’entreprise. Plein d’espoir sur ce qui allait être dévoilé, notamment l’identification des causes, je suis resté sur ma fin faim : pas de mise en cause du discours grammatical de référence, de la norme, aucune considération du rôle – et surtout, du malaise –  de l’école, rien d’autre que le constat d’un manque à gagner pour l’entreprise.

Une solution ? Oui oui, payez des coachs bien cher pour mettre des sparadraps sur les blessures d’enfant. Après tout, ça crée de l’emploi. Brr…