Coquilles de presse et lecture nomade #1

Comme beaucoup, je suis un lecteur de presse (gratuite/publique) en ligne et, comme beaucoup également, je relève souvent des erreurs ortho-typographiques, voire stylistiques ou relevant de la structure même de l’information (sa suffisance, sa pertinence, sa redondance, sa progression). Cela me parait d’autant plus dérangeant sur smartphone, où peu de texte s’affiche par écran et où chaque coquille, par conséquent, occupe proportionnellement plus de place. En revanche, je trouve idiot de faire l’inventaire, sous chaque article, des “fautes” relevées ; c’est aussi peu constructif que cela constitue une nouvelle entrave à la lecture (des avis ou commentaires). Alors voici, ici, réunis, quelques échantillons.

Même si la correction du message reste, en matière journalistique, secondaire relativement à l’information qu’il véhicule, elle demeure la seule garante d’une lecture fluide et agréable. Comment se fait-il que ces obstacles soient si fréquents et généralisés ? Pourquoi accepterais-je de payer un abonnement au quotidien en ligne si c’est pour les y retrouver (à moins que la version payante soit corrigée ? Je dépose le concept…) ? Est-ce à ce point anecdotique ? Pourquoi pas moins d’information, ou moins vite, mais mieux ?

Et si vous cherchez un correcteur, je participerais volontiers à cette vaste – que j’estime nécessaire – entreprise ! :)

Le mot-valise

Vous connaissez des mots-valises, on en connait tous, sans peut-être savoir qu’ils illustrent ce phénomène d’imbrication de deux mots en un nouveau qui construit son sens sur celui des mots qu’il combine. Pensez, par exemple, au courriel, issu de la combinaison entre courrier et électronique. Pensez aussi à franglais, ou au très actuel Brexit, etc.

Là où ça devient un peu drôle, c’est qu’en anglais l’opération porte le nom de… portmanteau ou portmanteau word. Pareil en néerlandais, avec son porte-manteauwoord. L’italien, lui, préfèrera la Macédoine pour dire cette figure de style : parola macedonia. Chacun ses images !

(Illustration Philippe Geluck, La marque du Chat, Casterman, 2007)

Ma première tautologie grammaticale

J’ai atterri, par le plus grand des hasards, comme d’habitude, sur l’excellent Café de Faune. Ce cabinet de curiosités, dépôt de créations inutiles présentées en vrac pour le plaisir et l’édification du public nous laisse, par exemple, chipoter avec l’incontournable application “Ma première tautologie”, à placer entre toutes les mains. En effet, en deux ou trois cliques, quiconque pourra s’apercevoir de l’inefficacité d’une “mauvaise” définition, ici tautologique. (Pour rappel, les deux types de définitions “valables” sont celles par extension et celles par compréhension)

ma1etautologie

Et ce qui vaut pour les animaux et parait, ici, plutôt risible, est également – et malheureusement – vrai pour certains termes de grammaire. Voyez plutôt :

  • Le déterminant : petit accompagnateur du nom ; mot qui se place devant un nom ; … par rapport à Le nom : mot précédé d’un déterminant ; …
  • L’adverbe : mot invariable qui se rapporte à un adjectif, un verbe ou un autre adverbe.
  • La phrase : Unité de sens qui commence par une majuscule et se termine par un point. par rapport à : à l’écrit, une phrase se reconnait par la ponctuation.
  • … il y en a encore un paquet.

Et dire que l’on exige que ces notions soient maitrisées par les élèves.

Les mots du terrorisme

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le “terrorisme” est d’actualité. Il n’est pas un journal parlé ou télévisé qui n’en fasse pas mention. Mais, à force, tout n’est plus qu’amalgame, qui est qui, où agit-il, contre qui, pourquoi ? Qui est ce “terroriste” et comment le nomme-t-on ? Nous parle-t-on des mêmes ? Pour débroussailler un peu le terrain, sans recul critique (toutes les définitions provenant de Wikipédia), voici quelques précisions sur les mots du “terrorisme” que l’on nous assène le plus souvent : Terrorisme, Djihad, Al-Qaïda, Etat Islamique, Salafisme, Frères musulmans, Hamas, Hezbollah. Prochaine étape, figurer tout cela dans une infographie un peu plus parlante…

En attendant, prendre quelques minutes, relire l’élémentaire et faire un peu d’ordre.

  • Terrorisme : Si historiquement le terme désigne le régime politique sous la Terreur pendant la Révolution française, son usage se transforme au cours du XIXe siècle pour désigner la violence politique.
  • Djihad :  Le djihad ou jihad, également épelé djihâd ou jihâd, (جهاد en arabe) est un devoir religieux pour les musulmans (…). En arabe, jihâd signifie « effort », « lutte » ou « résistance », voire « guerre menée au nom d’un idéal religieux ». Le mot jihâd est employé à plusieurs reprises dans le Coran, souvent dans l’expression idiomatique « al-ǧihād bi amwalikum wa anfusikum » qui se traduit par « lutter avec vos biens et vos âmes ». Ainsi, le djihad est parfois défini par« faites un effort dans le chemin de Dieu ». (…) L’islam compte quatre types de djihad : par le cœur, par la langue, par la main et par l’épée.
  • Al-Qaïda : Al-Qaïda (arabe : القاعدة al-qā’ida, « la Base ») est un mouvement islamiste fondé par le cheikh Abdullah Yusuf Azzamet son élève Oussama ben Laden en 1987. D’inspiration sunnite fondamentaliste, il prend ses racines dans l’idéologiede Sayyid Qutb et celle de l’activiste kharidjite Abdel Salam Faraj, et considère que les gouvernements « croisés » (occidentaux), avec à leur tête celui des États-Unis, interfèrent dans les affaires intérieures des nations islamiques et ce dans l’intérêt unique des sociétés occidentales. Il a recours au terrorisme pour faire entendre ses revendications. (…) Bien qu’Al-Qaïda soit le nom le plus communément utilisé, le groupe s’est exprimé en 2003 sous le nom de Qaïda Al-Jihad, « la base du jihad » (arabe قَاعِدَة ٱلْجِهَاد, qāʿida al-jihād).
  • Etat islamique : L’État islamique abrégé en EI (arabe : الدولة الإسلامية, « ad-dawla al-islāmiyya »), est une organisation armée salafiste djihadiste (…) Sa création remonte à 2006, lorsqu’Al-Qaïda en Irak forme avec cinq autres groupes djihadistes le Conseil consultatif des moudjahidines en Irak. Le 13 octobre 2006, le Conseil consultatif proclame l’État islamique d’Irak (EII), lequel se considère à partir de cette date comme le véritable État de l’Irak, puis également, à partir de 2013, de la Syrie. Initialement lié à Al-Qaïda, l’EII s’en est progressivement affranchi, pour s’en séparer tout à fait en 2013. (…) [Il est] parfois désigné par l’acronyme anglais ISIS ou par l’acronyme arabe Daech ou Daesh (arabe : داعش), principalement par les opposants au mouvement djihadiste.(…)  Il entre alors en concurrence avec Al-Qaïda et son influence s’étend à l’ensemble du monde musulman avec l’allégeance de plusieurs groupes djihadistes, les plus importants étant Boko Haram au Nigeria, Ansar Bait al-Maqdis dans le Sinaï et le Majilis Choura Chabab al-Islam en Libye.
  • Salafisme : Le salafisme (en arabe : السلفية) est un mouvement sunnite revendiquant un retour à l’islam des origines, qui serait donc fondé essentiellement sur le Coran et la Sunna. Aujourd’hui, le terme désigne un mouvement composite fondamentaliste, constitué en particulier de mouvances quiétiste, politique et djihadiste. Toutes ces mouvances affirment constituer la continuation sans changement de l’islam des premiers siècles. Étymologiquement, « salafisme » (en arabe : السلفية as-salafiyya) provient du mot salaf, « prédécesseur » ou « ancêtre », qui désigne les compagnons du prophète de l’islam Mahomet et les deux générations qui leur succèdent.
  • Frères musulmans : Les Frères musulmans (FM) (arabe : جمعية الأخوان المسلمين, jamiat al-Ikhwan al-muslimin, littéralement Association des Frères musulmans) est une organisation panislamiste fondée en 1928 par Hassan el-Banna, à Ismaïlia au nord-est de l’Égypte, avec comme objectif une renaissance islamique, la lutte officiellement non-violente contre l’influence occidentale. Cette organisation est désormais officiellement considérée comme organisation terroriste par le gouvernement égyptien, la Russie et l’Arabie saoudite.
  • Hamas : Le Hamas (en arabe : حماس, « ferveur »), acronyme partiel de harakat al-muqâwama al-‘islâmiya (arabe : حركة المقاومة الإسلامية, « Mouvement de résistance islamique »), est un mouvement islamiste constitué d’une branche politique et d’une branche armée, principalement actif à Gaza. Créé en 1987 par Sheikh Ahmed Yassin, Abdel Aziz al-Rantissi et Mohammed Taha, tous trois issus des Frères musulmans, sa charte affirme que « la terre de Palestine est une terre islamique ». Il prône donc la destruction de l’État d’Israël et l’instauration d’un État islamique palestinien sur tout le territoire de l’ancienne Palestine mandataire, c’est-à-dire incluant l’État d’Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza).
  • Hezbollah : Le Hezbollah (arabe : ‮حزب الله‬ ḥizbu-llāh, « Parti de Dieu »), fondé en juin 1982, mais révélé publiquement en février 1985, est un mouvement politique chiite libanais possédant une branche armée (Al-Muqawama al-Islamiyya, Résistance islamique) qui est à son origine. Il fut créé en réaction à l’invasion israélienne du Liban en 1982, en s’appuyant sur un financement iranien. Parti politique officiel au Liban, le Hezbollah est diversement perçu par la communauté internationale, les États-Unis, le Canada, l’Australie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et Bahreïn, l’ayant placé sur leur liste des organisations terroristes. Le 22 juillet 2013, l’Union européenne a aussi classé la branche militaire du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes. Les six pays arabes du golfe Persique ont placé le Hezbollah sur leur liste noire, en ne faisant aucune distinction entre cette organisation et sa branche militaire.